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1721 : la peste décime la population revestoise

Transmise par le linge remonté de Toulon par les bugadières, la peste décime la population du Revest qui passe de 650 à 185 habitants.


Apportée au port de Marseille par un navire en provenance de Chypre, Le Grand-Saint-Antoine, l'épidémie a gagné toute la Provence, en particulier par la contrebande des étoffes précieuses qui constituaient la cargaison. Toulon a été contaminé par des réfugiés fuyant Marseille par la terre ou arrivés par la mer dans de petites barques, mais aussi par un marchand de drap qui avait fait l'acquisition de lots de tissus du Grand Saint-Antoine, par des pêcheurs bandolais qui avaient visité le navire quand il était en quarantaine. En 1977, l'historien Henri Viatte révèle également qu'avant de toucher le port de Marseille, Le Grand-Saint-Antoine avait fait une escale secrète en rade foraine du Brusc et que son capitaine était allé à terre ...

https://youtu.be/EqErCR_vlow?t=7m59s

Le Revest a probablement été atteint à son tour en raison de l'activité des bugadières du village qui ont remonté de Toulon du linge contaminé.


"Penchée sur les douleurs quotidiennes, la Confrérie de la Miséricorde sut se montrer efficace pendant la terrible épidémie de 1720. Elle prit les initiatives les plus audacieuses et les plus courageuses. Le père Zacharie, capucin, et l'archevêque d'Aix donnèrent 300 livres chacun. Les factures sont là, qui attestent l'achat de remèdes et de la « chox » (chaulx) nécessaires pour lutter contre le fléau. Un certain nombre de liaisons avec Toulon furent assurées par des voituriers qui « furent payés pour leurs activités ». Christophe Barbaroux, boucher, avait fourni le 16 juin 1721 pour 162 livres 10 sols de moutons et brebis distribués aux pauvres et malades. Thomas Gauthier, trésorier de la Confrérie, fit le certificat autorisant le remboursement de cette somme à Christophe Barbaroux.


C'est dans « l'Enclos », dit « la Fouilloy » (dépendant du domaine de la Tourravelle), appartenant à M. Chaussegros, que les autorités de la province autorisèrent l'ensevelissement des victimes de l'épidémie."


Source : Aquarelle de l'archéologue Jean-Marie Gassend dans un livre de Michel Goury Un homme, Un navire, la peste de 1720.

Pour aller plus loin : selon Pierre Trofimoff, la confrérie de la Miséricorde du Revest auraient enterré les victimes revestoises. Le Revest par P. Troffimoff, 1963 - http://revestou.fr/pages/126-le-revest- … rde-fr.php


Article sur le livre de Michel Goury : http://www.lejdc.fr/nevers/loisirs/art- … 17674.html